Avez vous déjà entendu quelqu’un vous dire que nous devons prendre des décisions rationnelles ? Les décisions rationnelles nous aiderons à améliorer notre capacité à prendre des meilleurs décisions. Et bien pour ce que j’ai pu en lire et expérimenter à ce jour, deux choses: C’est une utopie et deuxièmement c’est de la foutaise! Je m’explique. Ce que les spécialistes veulent vraiment dire c’est que nous devons développer la capacité de mieux gérer nos émotions lorsque vient le temps de prendre des décisions financières par exemple. Être rationnel, c’est être en quelque sorte vouloir se dissocier de nos émotions. Un monde où l’indifférence règne. Lorsque je gère mon argent il y a deux scénarios possibles éviter d’en perdre le moins possible ou en gagner plus. C’est la nature fondamentale de chaque être humain, la raison qui nous pousse à prendre des décisions. Faire un gain ou éviter une perte. L’ordinateur de bord qui nous permet de prendre ces décisions sont les émotions. Il est donc plus à propos de gérer nos impulsions et nos peurs que d’essayer de devenir une personne rationnelle. Pour vous donner une meilleure idée du propos d’aujourd’hui je vous livre un extrait de mon livre Bonbons Inc.

Chapitre 6
– Papa, papa, es-tu là?
Sébastien entra chez lui encore tout excité de ce qu’il venait d’apprendre de Marguerite. Il avait hâte de faire le test avec son père afin de mettre ses connaissances à l’épreuve.
– Je suis dans la salle d’ordinateur.
Sébastien se présenta devant son père, tout haletant. Ce dernier le salua et lui demanda d’aller enlever son manteau, car lui aussi en connaissait un bout sur le contrôle des émotions de son fils. Il s’exécuta et se présenta de nouveau dans la salle en sortant les notes qu’il venait de prendre.
– J’ai un test pour toi, papa.
– De quoi s’agit-il?
– Écoute bien et réponds ce que tu penses vraiment : Supposons que tu te rends à la quincaillerie pour acheter un marteau. Ce dernier coûte 20 $. Tu te souviens avoir vu le même marteau à 15 $ dans une autre quincaillerie, cinq coins de rue plus loin. Est-ce que tu vas te rendre à l’autre magasin pour l’acheter?
– Oui, bien sûr, il est 5 $ de moins!
– Parfait. Maintenant, supposons que tu veuilles acheter le banc de scie dont tu as toujours rêvé; tu sais, celui dont tu me parles souvent. Eh bien tu te rends à la quincaillerie et tu apprends qu’il coûte 675 $. Mais tu sais que, cinq coins de rue plus loin, dans une autre quincaillerie, le même banc de scie coûte 670 $. Est-ce que tu vas te rendre à l’autre magasin pour l’acheter?
Paul se mit à réfléchir. Il eut cependant de la difficulté à saisir le pourquoi d’une telle interrogation. Sébastien allait lui apporter les explications dans quelques instants.
– Eh bien je l’achèterais au premier magasin pour 675 $.
Un large sourire apparut sur le visage de Sébastien comme s’il avait deviné ce que son père allait dire. Après tout, il avait répondu ce que la majorité des gens répondraient si on leur posait la question.
– Cher papa, c’est pour cela que maman et toi vous disputez souvent par rapport à l’argent!
Paul ne savait pas trop ce qui le dérangeait le plus. Se faire faire la morale par son fils de 12 ans ou le fait que ce dernier avait été maintes fois témoin des différends de ses parents sur le plan financier. Il ne dit mot et demanda à Sébastien de poursuivre.
– Vois-tu, Marguerite m’a appris que l’erreur que nous commettons dans cet exercice est de comparer le montant de l’économie au prix payé. Un montant de 5 $, qu’il soit comparé à 15$, 20$ ou 650 $, reste 5 $. J’ai compris une erreur que je faisais souvent avec l’argent que je recevais de Bonbons inc. Je dépensais de petits montants pour des bandes dessinées ou des friandises en me disant que ce n’était qu’un dollar. Marguerite appelle cela les erreurs de tiroirs.
Il dut relire ses notes, car ces notions étaient toute nouvelles pour lui.
– Et c’est quoi, les erreurs de tiroirs?
Il lut la définition qu’il avait écrite pour bien se souvenir de la leçon :
– Les gens placent leur argent dans des tiroirs dans leur tête et les traitent de façon différente.
Marguerite aimait bien utiliser des images simples pour expliquer ses théories, mais là, Paul dut se rendre à l’évidence qu’il lui en manquait un bout pour être à l’aise avec les tiroirs!
– Est-ce que tu peux m’en dire plus, Sébastien?
– Tout d’abord, je dois te dire que l’histoire des tiroirs fait référence à la façon que l’on a de traiter l’argent. On le traite différemment, en fonction du tiroir dans lequel il se trouve, puisque chaque tiroir porte une signification différente. Par exemple, maman dit toujours que l’on ne doit pas toucher à l’argent des vacances, n’est-ce pas?
Paul fut surpris de constater que son fils se rappelait ce détail.
– Oui, en effet.
– Eh bien vous avez placé cet argent dans un tiroir que vous traitez de façon différente de celui de l’épicerie que tu paies à toutes les semaines ou de l’argent que vous avez mis de côté pour votre retraite. Vous le traitez différemment, car, lorsque tu essaies d’aller chercher de l’argent dans ce compte, maman te rappelle constamment à l’ordre!
Il se dit qu’il devra dorénavant être plus discret lors des conversations portant sur ce sujet avec sa femme et invita Sébastien à poursuivre.
– Ensuite, on traite différemment l’argent selon sa provenance. C’est dire que, si tu trouves de l’argent par terre, si tu gagnes un montant d’argent ou si tu utilises une carte de crédit ou de débit, tu utilises tes tiroirs.
Par exemple, les cartes de crédit. Marguerite m’a dit qu’elles sont les plus dangereuses de cette catégorie. Elle m’a tellement fait peur que je me demande si j’en aurai une lorsque je serai grand!
C’est un sentiment que Paul pouvait bien comprendre. Il avait à batailler mensuellement contre ces dernières.
– Elles sont dangereuses, car, lorsque les gens les utilisent, ils n’ont pas l’impression de perdre quelque chose. Cela me paraît tellement simple que j’ai de la difficulté à comprendre les adultes. On devrait avoir la même émotion lorsque l’on paie un item 50 $ avec une carte de crédit que comptant. Toi, papa, est-ce que c’est différent, avec la carte ou comptant?
Paul voyait défiler tous ces comptes de cartes de crédit devant ses yeux! Il ne pouvait croire que tout était si simple et il devait l’avouer : Marguerite, la fautrice de troubles, avait raison! Voulant esquiver la question, il demanda à Sébastien de poursuivre.
– Finalement, elle m’a raconté que l’on traite l’argent de façon différente compte tenu de la comparaison que l’on en faisait. Ça, c’est l’histoire du marteau et du banc de scie de tantôt. Est-ce que tu savais que la plupart des gens vont se rendre à l’autre bout de la ville pour acheter un grille-pain de 40 $ à 20 $, mais s’il y a un rabais de 20 $ sur un manteau de 250 $, ils ne se déplaceront même pas! Ils voient le 50 % de rabais et non le montant lui-même.
Paul était estomaqué par la simplicité des propos de son fils. Il venait de faire le tour des tiroirs de sa vie. On traite donc l’argent différemment de par sa taille, la taille du compte dans lequel il se trouve et sa provenance. Une chose qu’il n’arrivait pas à comprendre cependant était l’élément suivant : comment se fait-il qu’il gagne un bon salaire, mais qu’il n’ait jamais d’argent? Il hésita avant de poser la question à son fils et, afin d’éviter de se mettre en cause, il appliqua le tout à la sauce de l’ami.
– Sébastien, est-ce que tu peux poser une question à Marguerite pour un ami à moi?
– Bien sûr, quelle est la question?
– J’ai un ami qui fait un très bon salaire, mais qui n’a jamais d’argent dans ses poches.
Sébastien lui coupa la parole, et la lumière de ses yeux traduisit une étincelle de réponse. Il lui annonça fièrement :
– Je peux te donner la réponse, moi, papa!
De peur de le décevoir en lui disant qu’un petit garçon de 12 ans ne pouvait répondre à cette question, il se tut et écouta.
– Ton ami devrait être plus prudent avec les petits montants d’argent qu’il dépense. Marguerite m’a appris qu’il s’agissait de la plus grande erreur que les gens commettaient en matière de finances. Surveillez les petits montants dépensés ou les petits montants qui entrent.
Sébastien lui raconta l’exemple de quelqu’un qui ne dépense qu’un dollar par jour pour acheter un café. Après tout, ce n’est qu’un café! À la fin de l’année, c’est 365 $ qu’il a dépensé. Vu de cette façon, à long terme, on remet les tiroirs en ordre avant de procéder à l’achat. Marguerite a aussi dit que, si on le fait pour le café, on se justifie toujours pour d’autres genres d’achat : nos fameux tiroirs! Sébastien se rappela le prisme de verre que l’on a dans la tête, celui qui déforme la réalité, et l’expliqua à son père.
– Eh bien on peut dire que tu en apprends des choses avec cette Marguerite.
– Ce n’est rien : la semaine prochaine, elle m’a promis qu’on allait jouer aux cartes!
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